Pourquoi un rapport, et pourquoi 15-30 pages.
Un rapport sert deux finalités : (1) aligner le COMEX sur une vision partagée, (2) servir de référence à 6 et 12 mois pour mesurer ce qui a été fait. S'il fait 80 pages, personne ne le lit. S'il fait 5 pages, il manque la matière qui justifie les décisions.
La fourchette éprouvée chez AzenFlow sur 50+ missions : 15 pages pour une PME de 5-15 personnes, 25-30 pages pour 50+ personnes. Plus court = sans densité ; plus long = illisible.
La structure en 6 sections.
Chaque section a une fonction précise. On y arrive.
Section 1 : Synthèse exécutive (la seule lue par le CEO).
Cette section est la seule que tout le COMEX lira intégralement. Elle doit donc tenir ces deux pages, et inclure :
- Le diagnostic en 3 phrases. « Votre stack actuelle vous coûte X. Vos process actuels gèrent Y. Vous avez Z opportunités IA qui justifient un investissement de W. »
- Les 3-4 chantiers prioritaires avec leur ROI et leur complexité.
- Le plan d'action en 1 schéma. Une frise temporelle 12 mois, 3 vagues, 4 chantiers par vague.
- Le budget enveloppe. Total an 1, ventilé par vague.
- Les 3 décisions à prendre par le COMEX. Validation budget ? Sponsor désigné ? Vague 1 GO ou ajustements ?
Cette synthèse exécutive, vous la rédigez en dernier, après avoir écrit le reste. Tentation contraire : la rédiger en premier. Erreur. Vous décrirez ce que vous pensez avoir trouvé, pas ce que vous avez vraiment trouvé.
Section 2 : Contexte & méthode (à lire d'abord).
Cette section dit quoi a été fait, quand, par qui, sur quel périmètre. Elle protège le rapport contre les contestations futures (« mais vous n'avez pas interviewé le service Y ! »). Elle inclut :
- La période de cartographie (dates précises).
- Les sources consultées (entretiens, comptabilité, SSO, etc.).
- La liste anonymisée des fonctions interviewées.
- Les limites de l'exercice (« la cartographie n'a pas couvert le service X par décision direction »).
- Le cadre méthodologique utilisé.
Section 3 : Inventaire stack & données.
C'est le tableau du chapitre 2 reformaté : 18-30 outils selon la taille, leurs coûts, leurs propriétaires, leurs intégrations. Inclure :
- Le tableau d'inventaire complet (en annexe si trop long).
- Le total stack annuel.
- Les doublons identifiés avec recommandation (consolider en gardant l'outil X, économie Y €).
- La cartographie des données sensibles (RGPD, secret professionnel).
- Les flux entre outils critiques, idéalement en schéma.
Section 4 : Opportunités identifiées (la plus dense).
C'est le cœur du rapport. Pour chacune des 8-15 opportunités retenues (vous en aviez 25, vous en gardez 8-15), une demi-page structurée :
Les opportunités exclues figurent en annexe avec la raison de leur exclusion (ROI trop faible, risque trop élevé, dépendance à un préalable, etc.). Une opportunité écartée et tracée vaut mieux qu'une opportunité oubliée.
Section 5 : Plan d'action 12 mois.
Reprise structurée des 3 vagues du chapitre 6, avec :
- La frise temporelle 12 mois (1 visuel pleine largeur).
- Le détail de la vague 1 (les autres en plus haut niveau).
- Le budget enveloppe par vague.
- Les jalons trimestriels avec dates indicatives.
- Les rôles : sponsor, chef de projet, ambassadeurs, prestataires éventuels.
- Les indicateurs de succès suivis.
Section 6 : Annexes.
Tout ce qui ne rentre pas en 25 pages mais qui doit être disponible : tableau d'inventaire complet, comptes-rendus d'entretiens anonymisés, calculs de ROI détaillés, opportunités exclues. Inclure aussi :
- Le registre AI Act des systèmes envisagés (système, fournisseur, classification risque, données traitées).
- La liste des sous-traitants envisagés (RGPD article 28).
- Le RACI détaillé des 3 vagues.
Les 5 erreurs de rédaction à éviter.
Le format de livraison.
Format conseillé : PDF, distribué par mail ou via espace partagé sécurisé. Pas de Powerpoint comme livrable principal : les slides invitent au survol, le PDF invite à la lecture. Une présentation orale en COMEX peut accompagner, mais le rapport reste la référence.
Inclure une page de garde sobre, un sommaire, et une numérotation. Vos lecteurs vont citer « page 12, Op-5 » plus que « la slide 24 ».
Au chapitre 8, on incarne tout ce que vous venez de lire avec 3 archétypes de PME et leurs cartographies condensées. Pas de faux clients, des exemples concrets parlants pour vous projeter.